Wetnesday : “Avec la chasteté, je suis ma propre domina”

Etudiante en Master de sexologie, Wetnesday, de son pseudo sur les réseaux sociaux, est aussi dominatrice spécialisée dans la chasteté, qu’elle pratique depuis plusieurs années. C’est en conciliant son amour pour le déni d’orgasme et son fétiche pour le métal que tout a commencé. Parce que la chasteté n’est pas forcément synonyme de soumission, la jeune femme de 24 ans, nous a retracé son parcours dans l’univers du BDSM et dans son apprentissage de la chasteté.

Lou : La chasteté me paraît être un monde extrêmement vaste. Peux-tu me préciser ce qu’elle représente pour toi ?

Wetnesday : C’est vrai que la chasteté peut se pratiquer de différentes manières. Dans un sens assez large, elle consiste à exciter une personne en la privant de sexe et d’orgasme, un peu comme l’edging, mais en plus poussé. Elle peut être associée à des jeux mentaux, ou encore à du bondage. Pour moi, elle est fortement associée à la pratique du déni d’orgasme dont une grande communauté de femmes se développe de plus en plus.

Oui, parce que quand on pense à la chasteté, on pense peut-être d’abord à la cage de chasteté portée par des hommes.

C’est vrai. Je ne sais pas si les hommes pratiquent plus la chasteté que les femmes en réalité mais quand on entend clairement plus parler de cage de chasteté, qui vient emprisonner le sexe masculin. Pourtant, il existe une grande communauté de femmes pratiquant la chasteté et le déni d’orgasme en ligne.

Quand as-tu réalisé que tu étais attirée par le BDSM ?

J’ai été initiée au BDSM par le shibari, mais c’était seulement un hobby et non un truc que je sexualisais. Au départ, j’avais aussi pas mal d’a priori sur la sexualité BDSM. Je pensais que c’était une sexualité sombre et dangereuse et que pour en faire partie, il fallait être la personne la plus sadomasochiste possible ! Mais après quelques séances à pratiquer, d’abord en tant que soumise, j’ai vraiment compris ce qu’était cette sexualité et ce qu’elle pouvait m’apporter. J’aime bien qu’il y ait un échange de pouvoir dans le sexe. Mais surtout, je suis tombée amoureuse du kink de la chasteté. J’ai aussi exploré mon côté switch.

Wetnesday portant des sous-vêtements en métal.

Comment es-tu tombée amoureuse de ce kink ?

Depuis mes débuts dans une sexualité active, j’aime le déni d’orgasme. Le pratiquer en portant une ceinture de chasteté, c’est un peu le niveau supérieur car cela donne une dimension physique au fantasme. Aujourd’hui, je suis plus que jamais une dominatrice donc c’est moi qui fixe mes limites et qui décide de quand porter ma ceinture. En fait, avec la chasteté, je suis ma propre domina. Bien sûr, j’aime encore parfois abandonner le contrôle à quelqu’un.

Qu’est-ce que t’apporte la chasteté dans ta vie ? Parce que j’imagine que ça va au-delà du sexe, non ?

C’est peut-être un peu étonnant mais j’associe ma chasteté au fait d’être meilleure dans ma vie de tous les jours et au fait d’atteindre mes objectifs. Comme si la chasteté et la privation d’orgasme transformaient mon énergie sexuelle en énergie créatrice. En plus, j’ai un fétiche pour le métal qui matche parfaitement avec mon kink pour la chasteté.

La portes-tu tout le temps ?

Non, le plus longtemps que je l’ai porté sans l’enlever a été cinq jours et je fais souvent des pauses de deux mois et demi sans la porter du tout. En tant que femme, j’ai besoin de pauses quotidiennes, d’avoir un PH stable au niveau intime, de faire des nettoyages et de ne pas avoir de pression en permanence sur ma taille. Tous ces éléments sont indispensables pour pouvoir profiter de la chasteté.

Peux-tu décrire les sensations ressenties ?

Quand je la porte plusieurs jours d’affilée, ma libido et mon excitation me démangent, aussi bien physiquement que mentalement. C’est là que je deviens plus créative et active. Par contre, à la fin d’une période de déni d’orgasme, que je fais généralement durer un mois, je suis plus sensible et irritable. Je ne sais pas s’il y a un lien avec les hormones mais j’ai entendu beaucoup de témoignages similaires d’autres femmes.

Wetnesday en vacances avec sa ceinture de chasteté.

Que penses-tu de la visibilité du sexe, et notamment du BDSM, sur les réseaux sociaux ?

Il y a beaucoup de créateurs de contenu et de profils qui en parlent. J’ai été assez surprise du soutien que j’ai reçu quand j’ai commencé à partager et à publier sur mes réseaux. Il y a beaucoup d’informations et de soutien sur n’importe quel kink. Les réseaux sociaux sont une véritable ressource pour les personnes qui veulent essayer le BDSM.

Aujourd’hui, tu as plus de 39.000 followers sur Instagram. Quand as-tu créé ton compte et est-ce que tu t’y attendais ?

Je l’ai créé il y a trois ans et je ne m’attendais pas du tout à avoir une telle communauté, d’autant que j’ai connu beaucoup de censure au début. J’ai commencé ce projet simplement pour partager mon expérience car lorsque j’ai commencé à pratiquer la chasteté, j’ai eu du mal à trouver d’autres profils, en particulier de femmes cis. C’est la raison pour laquelle je me suis dit que j’allais partager mes pensées et mon expérience.

Tu parles aussi, sur tes réseaux, de stigmatisation liée à ta sexualité et à tes choix. Qu’en pensent les gens le plus souvent ?

Que ma sexualité est la seule chose qui me définit. Alors que je ne suis pas seulement une meuf qui pratique la chasteté, cela fait évidemment partie de mon identité mais comme plein d’autres choses.

Quel cliché aimerais-tu le plus déconstruire ?

La plupart du temps, les gens pensent que les ceintures de chasteté peuvent être portées tout le temps et indéfiniment. Alors que pas du tout ! Celles qui essaient par curiosité ne la supportent pas plus de quelques heures. Porter une ceinture de chasteté nécessite de l’entraînement, des pauses, des soins mentaux et des soins physiques. C’est un kink qu’il faut apprendre à gérer et cela peut prendre du temps pour s’habituer à porter une ceinture de chasteté.

Vous pouvez retrouver Wetnesday par ici :

https://www.instagram.com/wet_nesday/

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