Interview de Doris Arnold, strip-teaseuse et show-girl

Attirée presque depuis toujours par le glamour, le sensuel et le sexy, c’est à travers le strip-tease que la performeuse Doris Arnold a choisi de s’exprimer. Strip-teaseuse, pole danseuse, mais surtout show-girl, la jeune femme de 38 ans est plus que jamais au top de sa forme. Et il est vrai que le temps ne semble pas laisser d’empreinte sur son corps. Intrigué, nous l’avons rencontré autour d’un sirop de grenadine. Et elle nous a donné au passage quelques tips pour être sexy.

Lou : Tu es danseuse, chorégraphe, strip-teaseuse et pole danseuse. Comment te définis-tu généralement ?

Doris : J’aime bien me définir comme une showgirl. Déjà parce que dans l’imaginaire, c’est très sexy mais aussi parce que ce terme recoupe un peu tout ce que je fais, entre érotisme et performance physique. Après, je suis aussi professeure. J’aime partager ce que je fais et ce que je continue d’apprendre.

Comment es-tu arrivée au strip-tease ?

A l’origine, j’étais danseuse classique. Mais, j’ai commencé bien trop tard pour pouvoir être ballerine, vers mes 14 ans. Et de toute façon, j’ai toujours aimé l’aspect sensuel et sexy de la danse. Même dans l’univers classique, c’était toujours des rôles de femmes très sexy et qui ont le pouvoir qui m’intéressaient, comme Carmen ou le cygne noir dans Le Lac des cygnes. Des rôles de séductrices en fait ! Et quand j’ai réalisé que la classique ne me correspondait pas vraiment et ne correspondait pas non plus à mon corps, j’ai très vite recherché quelque chose de plus glamour.

La strip-teaseuse et pole danseuse Doris Arnold en train d'exécuter une figure à la barre.
Doris Arnold a été championne de France de pole dance en 2013. Crédit photo : Cassandre Favaro.
C’est à ce moment-là que tu découvres le strip ?

Je me pensais plus danseuse dans les clips puis j’ai effectivement découvert le strip. Je me suis tout de suite sentie bien dans cet univers. Puis, j’ai découvert la pole dance parce que je voulais pouvoir faire des acrobaties quand il y avait des barres de pole sur mes shows. J’ai appris au départ en regardant des vidéos sur Internet. Je me souviens que j’étais tombée sur des championnats en Australie où la pole dance était très développée là-bas. Alors qu’il n’y avait pas grand chose en France, il y avait déjà des studios et des compétitions de pole depuis 10 ans en Australie. Je suis instantanément tombée amoureuse de la pole. Je retrouvais le côté hyper glamour que j’aimais dans le strip et le côté performance et travail sur le corps de la danse.

Et quand commences-tu véritablement à travailler en clubs de strip-tease ?

Officiellement à 18 ans mais officieusement, j’en avais 17. J’ai un peu menti sur mon âge je me confesse. Mais, je ne travaillais pas en clubs de strip au début mais dans le cadre d’une performance artistique. Un truc très arty et dénudé pour une artiste chinoise. J’ai d’ailleurs réalisé à ce moment-là que je trouvais carrément cool de me mettre à poil devant des gens. Et ensuite, j’ai travaillé en gentlemen clubs. Ce sont des endroits où tu danses sur un podium central et où tu peux vendre tes lap-dances. Ce n’était pas forcément ce que je préférais.

Ah oui ?

Non. J’y allais quand j’avais des périodes un peu plus creuses dans l’année car c’est un peu l’endroit où tu as toujours du boulot même quand il n’y a pas trop de boulot ailleurs.

La strip-teaseuse Doris Arnold en train de se déshabiller lors d'un show.
On ne naît pas sexy, on le devient.
Et qu’est-ce que tu préférais faire toi alors ?

Je faisais pas mal de gogo et de lap-dances en boîtes de nuit. Après, un autre truc que je faisais pas mal et que j’adorais, ce sont les enterrements de vie de garçon et les anniversaires. Cela nécessite de travailler sur tout un spectacle dans lequel il faut vendre du rêve. J’ai également tourné dans des clips, sur des plateaux télé et fait de la figuration dans des films où il y a des strip-teaseuses ou une fille qui danse de manière très sexy et/ou dévêtue. Enfin, je fais aussi des shows sur des salons, tel que le salon de l’érotisme, ou en comités d’entreprise !

Quelle est la bonne distance à avoir avec le client pour ne pas qu’il confonde strip et sexe ? Parce que j’imagine que la confusion se fait parfois…

En club de strip-tease, c’est un peu compliqué parce qu’effectivement, il y a cette ambiguïté. Mais je pense qu’un peu tout le monde joue sur l’ambiguïté malheureusement dans le sens où tout le monde sait que le sexe est impossible mais beaucoup d’hommes ne viennent pas pour l’aspect divertissement mais avoir une interaction avec une femme. Et du côté des strip-teaseuses, on t’apprend aussi que ce n’est pas si mal de jouer avec la limite, de faire croire au client que tu es séduite par lui, de lui faire croire que c’est possible d’avoir du sexe s’il paie suffisamment. In fine, de lui laisser penser qu’il a le pouvoir sur toi et qu’il peut avoir plus qu’une danse. C’est un peu dommage. Alors qu’en soit, un lap dance fait déjà parcourir plein de sensations. C’est un peu un booster d’énergie sexuelle mais sans passage à l’acte.

As-tu un souvenir d’un show qui t’a particulièrement marqué ?

J’adore performer pour un show aux Etats-Unis qui s’appelle Haute Velour. C’est un show basé sur les énergies sexuelles et le pouvoir érotique de la danse. Mais c’est aussi une compétition. J’y vais à la fois pour performer dans le show et en tant que juge de la compétition. C’est vraiment une compétition de passionnés de sexy avec des tenues minimalistes. J’adorerais que cet univers arrive en France. Il y a assez peu de compétitions très sexy en France. On privilégie plutôt l’aspect technique et artistique. En d’autres termes, les figures que tu sais faire et ta capacité à raconter une histoire.

La strip-teaseuse Doris Arnold est impressionnante lors d'un show de pole dance.
Si mais vous êtes tenté.e, Doris donne aussi des cours…
Un truc qui m’intrigue… Comment devient-on sexy ? Et est-ce à la portée de tout le monde ?

Le sexy, c’est une technique. C’est un peu comme si t’apprenais un nouveau langage. Tout le monde peut être sexy en apprenant ce langage, cette technique. Il faut aussi avoir envie d’explorer sa sexualité pour être sexy. Mais ce qui va faire que tu vas avoir l’air professionnelle, c’est vraiment la technique. J’insiste ! Et c’est elle qui va te permettre d’exprimer clairement tes désirs. D’ailleurs, le sexy n’a rien à voir avec la morphologie, c’est une question d’attitude. Etre sexy, c’est raconter, avec ton corps, ton regard et tes vêtements, une histoire sexy. Il est donc tout à fait possible d’apprendre et de développer cette capacité à partir du moment où tu l’as décidé. Cela nécessite bien sûr de s’approprier son corps.

Aujourd’hui, tu donnes des cours mais tu continues aussi de faire des shows. Tu t’entraînes combien d’heures par jour ?

Je m’entraîne en moyenne 4 heures par jour. Après, il y a des jours où je donne cours toute la journée donc je ne peux pas m’entraîner, et au contraire, il y a des jours où je m’entraîne entre 6 à 10 heures !

N’est-ce pas difficile pour le corps d’avoir ce rythme ?

J’écoute beaucoup mon corps pour pouvoir tenir ce rythme. Tant qu’il est opérationnel, j’y vais ! Après, j’ai cette chance d’aimer m’entraîner et de pouvoir enchaîner de grosses charges de travail. Cela a toujours été un de mes points forts. Je suis une véritable acharnée de travail. Par contre, si je me sens fatiguée ou que je ne sens pas quelque chose, je fais autre chose. En même temps, j’ai tellement à travailler donc si un jour, je sens que je n’ai pas de force, je vais travailler ma souplesse, mon flow ou ma sensualité. Depuis quelque temps, je suis aussi des cours et des formations sur le corps et ses mécanismes pour mieux comprendre mon corps et les douleurs que je peux parfois ressentir avec l’amplitude de certains mouvements. Je viens par exemple de suivre une formation sur la circulation sanguine et comment se rebooster à travers elle.

https://www.instagram.com/dorisarnoldpoledancer/

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